Episode 24 - Les années collège : la sixième...

 

Septembre 2006... :

C'est la rentrée en sixième.

Pour la première fois, Jérémie prend le car pour se rendre au collège. Seul. Jusqu'à présent, je l'ai toujours accompagné jusqu'à son école, mais ce temps là est révolu. Fini le petit garçon du primaire... Maintenant c'est un collégien, qui va devoir se débrouiller tout seul !

Bien sûr j'appréhende, car c'est une nouvelle et grande étape pour lui, et je me demande comment ça va se passer : le car, la cantine, les changements de classe, les différents professeurs, les camarades...  

Il y a 2 collèges, l'un public et l'autre privé, à égale distance de notre petit village. Nous avons choisi celui qui nous semblait le plus pratique pour Jérémie : l'un était composé d'un seul bâtiment, avec toutes les classes au même endroit, l'autre était composé de plusieurs bâtiments, avec des escaliers anciens peu pratiques et des salles à différents endroits, impliquant des déplacements à l'extérieur. 

Nous avons demandé à rencontrer le proviseur, ainsi que je l'avais fait avant l'entrée à la maternelle, et avons ainsi pu aborder les différents points susceptibles de poser problèmes :

- La restauration scolaire : c'est un self-service, Jérémie ne pourra pas porter son plateau tout seul, ni couper sa viande sans son couteau-fourchette. Il a donc été décidé que les agents de service lui couperaient sa viande et que ses petits camarades porteraient son plateau.

- Le sport : Jérémie ne pratiquera que les sports à sa portée. Quand ça ne lui sera pas possible de participer, il restera avec le professeur, ou bien fera l'arbitre par exemple. 

- Les inter-cours : le laps de temps est assez court pour les changements de salle entre les cours, et nous ne savons pas si Jérémie aura suffisamment de temps pour ne pas arriver en retard en cours. Les professeurs vont être mis au courant, et Jérémie aura le droit d'emprunter les ascenseurs. 

- La planche à dessin qui lui sert de règle : elle sera dans son casier, et il ne la prendra que pour les cours où il en a besoin.

- Le poids du cartable : afin de l'alléger un maximum, il laissera ses livres à la maison et suivra avec son voisin de classe. 

 

Cependant, les choses ont beau avoir été étudiées ensemble, j'attends de voir comment elles vont être mises en pratique...

Heureusement je vais avoir moins de temps pour cogiter, car je viens de trouver un travail à temps partiel à la mairie de ma commune : quelques heures au secrétariat de la mairie, quelques heures à la périscolaire, et quelques heures à la cantine. Maintenant que Jérémie va avoir moins besoin de moi, cet emploi à temps partiel va me permettre de renouer avec le monde du travail, et de pouvoir continuer à gérer les rendez-vous de son suivi médical. 

Et puis, point positif et rassurant, le collège propose une opération appelée "collège ouvert" pour les futurs sixièmes, qui se déroule sur 2 journées avant la rentrée. L'occasion idéale pour les futurs élèves d'apprendre à se connaître et de découvrir l'établissement. Jérémie était donc bien sûr de la partie, et il était ravi de ses journées, qui lui ont permis de diminuer l'appréhension de la rentrée. Et comme vous le savez, quand il est ravi, je le suis aussi...

Finalement, tout s'est parfaitement bien déroulé, et Jérémie est rentré heureux de sa journée. De celle-ci, tout comme des suivantes... 

Le seul petit problème rencontré a été au niveau du car, car quand le chauffeur démarrait avant que Jérémie ait le temps de trouver une place et de s'asseoir, son manque d'équilibre lui faisait à chaque fois craindre la chute, et du coup il appréhendait. La solution n'a pas été compliquée à trouver : une place lui a été attribuée d'office sur un siège à l'avant !

 

Côté médical, c'est en janvier 2007 que Jérémie a commencé à être suivi au Centre de Rééducation et Réadaptation fonctionnelle à Angers. Il est en pleine croissance, c'est donc la période la plus délicate pour l'évolution au niveau des muscles de son membre inférieur et supérieur notamment... Pas de changement dans l'immédiat toutefois : Jérémie est toujours appareillé de jour comme de nuit, ses séances de kinésithérapie se poursuivent, tout comme les injections de toxines... 

 

Tout allait donc pour le mieux, jusqu'en avril 2007... :

... Un beau jour, en rentrant à la maison, Jérémie m'annonce qu'à un moment de la journée, lors d'une conversation avec sa soeur, il n'arrivait plus à prononcer les mots correctement, avant que tout ne rentre dans l'ordre au bout d'une dizaine de minutes.

Mon sang ne fait qu'un tour, j'ai le coeur qui bat : mais qu'est ce que cela signifie ? De plus, il se trouve que c'est cette année que Jérémie doit avoir un nouvel IRM de contrôle : le dernier était en 2002, les 5 années sont déjà écoulées... Cet IRM était déjà source d'angoisse pour moi mais là, du coup, je m'inquiète encore plus : et si la tumeur était en train de revenir ? 

Je téléphone immédiatement au pédiatre, qui me dit que ces troubles du langage lui font penser à une crise d'épilepsie. Je suis surprise et abasourdie : j'ignorais totalement qu'il y avait différentes sortes de crise d'épilepsie, et que ces symptômes pouvaient en être représentatifs ! Jamais je n'aurais pensé à ça !

Nous avons rendez-vous à l'hôpital de Cholet pour un électro-encéphalogramme (E.E.G.), au cours duquel je suis avec Jérémie. C'est impressionnant ce casque avec toutes ces électrodes, et l'examen me parait durer une éternité ! J'ai tellement envie de savoir... Finalement il s'agit bien d'une crise partielle d'épilepsie d'origine temporale (centre du langage), qui ne surprend guère le médecin vu les antécédents de Jérémie. Désormais, une surveillance va être nécessaire, ainsi qu'un traitement épileptique. Le médecin contacte l'hôpital d'Angers pour que l'IRM ait lieu rapidement, ce qui n'est pas pour me rassurer... 

 

13 juin 2007 :

C'est le jour de l'IRM de contrôle. Quel stress ! En temps ordinaire, déjà, je ne suis jamais rassurée par cet examen, mais là il y a en plus cet épisode de la crise d'épilepsie qui ajoute à mon angoisse... Je ne peux m'empêcher d'imaginer le pire. Et si nous étions arrivés au bout de la parenthèse enchantée ? Et si...

C'est toujours aussi long. Il faut attendre pour passer l'examen, attendre le temps de l'examen, attendre de pouvoir voir le neuro-chirurgien... Attendre... 

Finalement plus de peur que de mal. L'IRM est satisfaisante : OUF ! 

Par la suite, Jérémie n'a jamais refait de crise d'épilepsie et, au cours de l'été 2010, alors qu'il avait 15 ans, le traitement a pu être arrêté. Le médecin a estimé que, l'adolescence s'achevant, et aucune autre crise n'ayant eu lieu, il n'y avait plus de risque. Du moins, très peu...  

 

L'année de sixième s'est donc achevée de façon heureuse avec les résultats de cet IRM. D'un point de vue scolaire, Jérémie est un bon élève, tout se passe bien avec ses petits camarades et les professeurs. On ne pouvait rêver mieux... 

 

De quoi passer de belles vacances avant la rentrée prochaine. 

 

2007

Ci-dessus et ci-dessous : 2006

2007-3

2007-1

 Ci-dessus et ci-dessous : avec sa petite soeur Justine - 2006

2007-4

2007-2

                                                                                                                       A suivre... 

Commentaires   

Caroline T.
# Caroline T. 04-10-2017 14:16
Je suis ravie pour vous que Jérémie soit tombée dans une école et un collège ou tout a été fait pour supprimer les obstacles, car ce n'est pas toujours le cas.
Pour mon fils j'ai du me battre pour que certains professeurs fassent avec le PAI qui avait été instauré par le référent de la MDPH, et bien j'ai appris qu'ils n'étaient pas obligés de le suivre, je trouve pas cela normal.
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Sylvie
# Sylvie 05-10-2017 20:49
Alors là je suis scotchée, j'hallucine : comment ? Les profs ne sont pas obligés de suivre un PAI ? Le directeur ne peut pas les obliger à l'appliquer ? Mais alors à quoi ça sert d'en établir un ? C'est fait avant tout pour le bien de l'enfant, c'est quelque chose dont il a besoin parce que son état le nécessite, alors ne pas le suivre c'est carrément aberrant !
Je m'aperçois qu'encore une fois, comme beaucoup de choses, c'est vraiment souvent une question de personnes... Tout dépend sur qui on tombe... On a de la chance d'être bien tombés à chaque fois, mais malheureusement ce n'est pas le cas pour tout le monde apparemment !
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Caroline T.
# Caroline T. 05-10-2017 21:52
Et non ils ne sont pas obligés, c'est le référent de Dylan qui me l'a appris, quand l'avs m'avait signalé que certains profs ne le suivait pas. Cette année c'est pas le top non plus: l'avs de Dylan débute et ne connait pas les méthodes de travail pour un dyspraxique, ce qui fait que Dylan est vraiment démotivé et ne sait pas s'il va pouvoir passer son bac pro...
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Sylvie
# Sylvie 09-10-2017 08:35
Hep hep hep ! Il ne faut pas que Dylan se décourage ! L'année scolaire ne fait que commencer, rien n'est perdu encore ! L'avs a sans doute besoin d'un petit temps d'adaptation mais elle va bien finir par acquérir les méthodes de travail :-) Allez courage Dylan ! Objectif bac pro...
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